Travis Scott, l’incontournable

«For those who don’t know my name is Travis f***ing Scott! » Voici comment se présente l’homme du nom de Jacques Webster, dans le documentaire Look Mom, I can fly, dédié à son dernier album en date: Astroworld (2018).

Rappeur, chanteur, compositeur et producteur, l’artiste est aujourd’hui incontournable dans le paysage musical. Son style? Le mot « rap » serait bien trop réducteur, voire inexact. Entouré de producteurs de renom comme Mike Dean ou Metro Boomin, Travis, armé de sa voix légèrement enrouée et souvent autotunée, peut délivrer des morceaux planants comme 90210 ou Drugs You Should Try It tout comme des bangers tels que Sicko Mode avec Drake.

Ses influences, Kid Cudi et Kanye West, expliquent le côté psychédélique de son univers et l’ouverture de celui-ci. D’ailleurs il défend cette position sur le morceau Apple pie: « I am everything except a rapper. ». Le choix de ses collaborations témoignent de ce désir de mélange musical: SZA, The Weeknd, James Blake, Tame Impala, Stevie Wonder, Pop Smoke… À travers ces associations, il montre sa polyvalence et sa soif de trouver de nouvelles sonorités.

Reconnu dans le milieu depuis Days Before Rodeo (2014), mixtape où il impose son style obscur et autotuné, il continue sur sa lancée avec Rodeo (2015) et Birds in the Trap Sing McKnight (2016). Toutefois, il explose réellement avec l’album Astroworld (2018), aux couleurs musicales plus lumineuses que sur ses projets précédents. Nominé aux Grammy Awards, Astroworld reçoit 25 novembre 2019 la certification triple platine avec trois millions d’album rien qu’aux États-Unis: un nouveau cap est passé pour l’artiste.

Outre ses collaborations avec Nike et Jordan, Fortnite et McDonald’s, son influence est inévitablement musicale. L’effet « reverb » sur l’autotune qui fait résonner la voix, les ad- libs, ou encore le style planant. On peut le constater en France par exemple, avec des artistes tels que Hamza, Laylow ou encore Josman. Dans l’air du streaming, son approche de la musique apporte également un vent de fraîcheur: « Je ne suis pas là pour faire des singles numéro 1, mais pour faire des albums numéro 1 ». Beatmaker et ingénieur du son de formation, la conception d’un projet global est donc primordiale pour lui.

L’artiste de 29 ans désormais, montre également une maturité grandissante, en étant à la tête du collectif JackBoys, dont le but est de promouvoir de nouveau artistes signés sur Cactus Jack Records, label créé par Scott lui-même. On peut y retrouver entre autres le talentueux Don Toliver et sa voix facilement reconnaissable .

De nature plutôt introvertie, les concerts apparaissent comme un exutoire pour Travis Scott: il s’y comporte comme une véritable rock-star. Le public est en transe et celui-ci ne l’est pas moins, ce qui forme une réelle communion au coeur d’un show spectaculaire. Les concerts de promotion d’Astroworld, dans lesquels on peut voir des montagnes russes, en sont la preuve.

D’où vient toute cette énergie? Il tire une grande partie de sa motivation de son frère aîné autiste, véritable mentor pour lui. Il cherche lui aussi à inspirer, à apporter de la joie à ses fans. « Je n’aime ni les interviews, ni les photos, je n’aime pas montrer mon visage. « Tout ce que je veux c’est m’éclater, et un jour, quand mon heure sera venue, j’aurai au moins inspiré des milliards de gens. »

 Prochain rendez-vous : Utopia, son prochain album prévu en 2021, peut-être celui de la consécration.

Vincent Auroque

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s