La fièvre disco

Je te propose de mettre tes écouteurs et d’écouter deux morceaux au fur et à mesure de l’article.

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1er titre: Prove That You’re Feeling Me – Joey Negro

Bien ouvert à d’autres styles de musique, je trouve tout de même par ma jeune expérience que le disco est celui qui réunit le plus de gens. Il a une capacité extraordinaire à unir que je n’arrive pas à retrouver dans les autres styles que je mixe. Il est le seul à pouvoir faire sourire tout un public et à les rapprocher. Il crée des contacts, une volonté de danser à plusieurs, de se serrer, de crier. Laissez-moi vous retracer son histoire et vous présenter ses vertus à mes yeux dans cet article.

Il n’est pas de style musical qui puisse nous rassasier pleinement, j’en suis conscient. Mais lui a le privilège de mélanger la soul, la salsa, la pop, la funk et le psychédélique.
Au milieu d’une pluralité de styles musicaux qui se disputent aujourd’hui les têtes de classement, lui a survécu dix années au sommet avant de faire face au principe itératif de l’effet de mode. Il revient fortement dans les clubs aujourd’hui grâce à des DJ qui idolâtrent son époque (salut Folamour, Purple Disco Machine, Joey Negro). Je vous fais aujourd’hui une louange du disco:

Durant l’apogée du rock & roll au début des années 70, le disco ne relève certainement pas de la sérendipité. En effet, en s’imposant comme un mouvement de contre-culture aux adulateurs du rock & roll, il envoûte autant par sa puissance musicale que par l’univers qu’il crée.
Le monde entier entre dans le jeu du déguisement, de l’androgynie et de l’excentricité.
Remercions tout d’abord les communautés afro, latinos, Italo, et psychédéliques américaines de New York et Philadelphie qui sont le point d’encrage du courant musical.
Ils démocratisent de façon universelle les fréquences musicales aiguës que laissent échapper ces guitares, les fréquences médiums des cuivres et les basses des batteries.
Lorsque les discothèques et New York Miami se mettent à le jouer, et que les radios s’y mettent aussi, le disco prend son envol.

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Les musiciens initiateurs sont tout d’abord les disc-jockey qui cherchaient les pépites de la soul en disque vinyle. Une fois celles-ci décrochées, ils travaillaient en studio pour les remixer en faisant ressortir la batterie et la basse pour les rendre bien dansantes.
Le disco est avant tout une musique de boite de nuit, une ode à la danse et à la fête. Elle se doit d’être dansante, rythmée, elle doit être facilement chantée. Les musiciens des 70’s avaient donc des contraintes précises pour faire un tube : Des claquements de mains, une mélodie qui accroche, des cuivres. Une basse, une batterie presque plus forte que la voix, un battement par minute autour de 120.

On attribue souvent au groupe Barrabas l’invention du disco avec son tube dansant « On The Road Again ». Le groupe Love Unlimited Orchestra y est pour quelque chose aussi avec « Love ’s Theme », écrite par Barry White, qui atteint le premier rang dans les classements américains. Elle est purement orchestrale (sans paroles), c’est beau. On sent encore ce côté « soul posé » et on comprend la transition vers le disco. Ce que je trouve frappant, c’est ce côté « acoustique », il faut se rendre compte que c’est un orchestre de cuivres, de percussions, de chanteurs et de choeurs. Et si quelque chose est bien compliqué en musique, c’est de faire simple. En cuisine, mélanger trop d’ingrédients est risqué, on peut se perdre dans les saveurs. En musique, le disco est un mélange d’aliments rythmiques qui arrive à un équilibre savoureux.
Donna Summer fait encore plus monter le disco en 75 avec « Love To Love You Baby », Gloria Gaynor aussi (I Will Survive, celle de la CDM 98 tu t’en souviens).

Je ne peux pas écrire un article sans parler d’alliance des arts. En effet, quand le 7ème vient au service du 4ème, on crée « Saturday Night Fever », qui a propulsé le disco au sommet. Avec une bande son entièrement composée par les Bee Gees (Stayin Alive), je ne peux que recommander aux cinéphiles et aux mélomanes de s’installer 1h59 dans leur canapé pour voir une époque resurgir, intacte, dès la première seconde. C’est à mes yeux un bon élément pour comprendre ce milieu et cet engouement, cette façon de penser qu’a véhiculé le disco durant son apogée.

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2ème titre à écouter maintenant : Shine On – George Duke

J’insistais sur ce côté humain que véhicule le disco. Il enivre les gens dans un sentiment de gaieté puissant. C’est ce côté si humain, capable de rendre heureux qui a aussi contribué à son essor. Il est une arme contre le tourment, et chaque style est quelque part une arme contre quelque chose. Le rap a cultivé la culture hip hop en remplaçant les microphones aux couteaux, les bombes de peintures aux armes. Le disco a répondu aux attaques xénophobes et racistes par la musique. Le disco a permis de ridiculiser des mouvements extrémistes, en accompagnant notamment la naissance de l’activisme LGBT. C’est donc un style musical prônant les libertés individuelles et demandant à chacun de vivre comme il le souhaite. C’est une façon de penser qui a aussi contribué pleinement à son ascension.

La durée du disco s’étend donc à peu près de la crise du pétrole de 1973 à l’apparition du sida en 1981. Les retombées financières et la reconnaissance du disco ont poussé la majorité des artistes à se tourner vers ce style. Conséquence: le marché est arrivé à saturation au début des années 1980. Des émeutes anti-disco éclatent (le disco démolition Day le 12 juillet 1979), en réponse à des parades disco qui avaient connu un franc succès. C’était une revanche voulue contre la domination absolue du style et par une partie de la population raciste et/ou misogyne fâchée contre les femmes et les noirs, qui étaient essentiels au disco.
Le R&B qui était outsider fait surface et vient détrôner le disco après dix années rythmées essentiellement par lui.
D’abord crée pour contrer le rock & roll, même des artistes comme les Rolling Stones ont plus que fleurté avec le disco avec des morceaux comme Miss You. Ce qui leur a coûté l’aigreur de leurs fervents écouteurs. Le comble à son apogée…

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Ce que je vois, c’est que la musique électronique est omniprésente aujourd’hui. Elle remplit les salles et festivals, et c’est tout à son honneur, je suis le premier à l’écouter. Mais on peut voir l’effet d’une musique disco dans un DJ set. Un DJ peut se faire des millions de vues grâce à ça. Les remix de musiques disco connaissent par ailleurs de très bons succès de nos jours car ill permettent de donner une mélodie et une voix entrainante sur les rythmes électroniques que le public recherche.
Les gens auront toujours soif de danser, et le disco l’étanche à mes yeux de la meilleure façon. Savoir s’abandonner pleinement à une musique disco, c’est comprendre une époque où les personnes attendaient impatiemment le vendredi soir de vivre cetéchappatoire musicale.

Zav

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– Le film à regarder obligatoirement : La fièvre du samedi soir avec Travolta
– La série à regarder pour se plonger dans l’univers : The Get Down de Baz Luhrmann
– Le documentaire à regarder : Disco Europe Express de Olivier Monssens
– Artistes du disco à écouter si tu es intéressé: Village people; Cerronne; Isaac Hayes; Barry White; Love Unlimited Orchestra; Bee Gees
– Liens de sets disco de DJ récents mentionnés dans l’article : https://www.youtube.com/watch?v=wL-VMOGAhzE (Folamour Boiler Room x FLY Open Air 2019)
https://www.youtube.com/watch?v=0hBxfFw87zo&t=3220s (Joey Negro Disco)

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