Kate Bush – The Queen of Sound

Insatiable travailleuse, avant-gardiste de l’extrême, star à la discrétion inégalée… Dans un monde où la tête des charts appartenait aux hommes, Kate Bush a été l’icône féminine de la pop des années 70-80. De son enfance à son retour sur scène il y a 5 ans, sans oublier bien sûr sa période faste, retour sur l’itinéraire d’une artiste qui a marqué son époque.


 

Le talent et la créativité ne suffisent pas toujours. Parfois, il faut un petit coup de pouce du destin pour lancer une carrière. « J’ai écouté et j’ai été intrigué par cette voix étrange […] Je suis allé rencontrer ses parents et elle m’a fait écouter 30-40 chansons enregistrées sur une cassette… Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à tenter ». Et quand dans le courant des années 70, c’est David Gilmour qui dit ça en parlant de vous, c’est une voie royale qui s’offre à l’horizon.

 

 

Kate Bush a grandi dans une ferme de la banlieue est de Londres, épanouie dans un cadre familial sain. Ses parents l’encouragent à composer et à jouer, comme le faisait son grand frère, qui la fait baigner dans la folk. À l’âge de 13 ans, Kate est déjà une remarquable joueuse de piano et a composé une centaine de chansons.

 

C’est à 15 ans à peine que le guitariste de Pink Floyd repère la jeune artiste. Il l’invite alors en studio pour enregistrer une démo. L’essai est convaincant et Katie ne laisse personne insensible. Quelques temps plus tard, elle signe avec EMI, label majeur de l’époque, mais va profiter des deux années qui suivent pour se préparer, se former.

 

Car Kate Bush ne veut pas seulement être une chanteuse. Elle veut quelque chose de plus. Selon elle, le non-verbal est trop important : tout est dans le geste. Inspirée par Lindsay Kemp, un célèbre mime qu’elle a vu en spectacle, elle prend alors des cours de danse et de théâtre, tout en se produisant dans des petites salles et des bars de la région de Londres pour faire ses gammes.

 

 

En 1977, inspirée par le film adapté du roman d’Emily Brontë, elle compose ce futur OVNI de la musique, Wuthering Heights, qui apparaîtra sur son premier album, The Kick Inside. Un morceau au caractère très atypique, à une époque où le rock et le punk régnaient dans les charts. Indissociable du morceau où la performance vocale est époustouflante, ce clip légendaire, dans lequel Bush, pieds nus dans la lande, offre une chorégraphie devenue iconique auprès de ses fans. Kate Bush n’est pas seulement une chanteuse : elle crée des expériences, en prenant part aux histoires qu’elle raconte.

https://www.youtube.com/watch?v=BW3gKKiTvjs

 

Après la sortie de son deuxième album, Lionheart (1979), Bush prépare sa première tournée et voit les choses en grand. Elle élabore durant plusieurs mois un concert-spectacle, pour lequel elle sera considérée comme une pionnière en terme de performance scénique : elle chante et danse accompagnée d’une troupe et réalise une performance jusqu’ici jamais vue. The tour of Life, qui contient 28 dates, sera sa première et dernière tournée avant 35 ans, et un bref retour sur scène en 2014 qui fut un énorme succès.

https://www.youtube.com/watch?v=64YAWm1ZkKc

 

Car oui, sa place de prédilection est en studio. L’arrivée des nouvelles technologies d’enregistrement va lui permettre d’exprimer sa créativité en manipulant les sons jusqu’à l’extrême, ce qui lui vaudra le surnom de « sorcière du son ». L’intégration de samples tout le long de Never for Ever (1980) marquera le genre, et Babooshka, l’histoire d’une femme qui teste la fidélité de son mari en se créant une nouvelle personnalité, reste ancré dans les mémoires.

https://www.youtube.com/watch?v=6xckBwPdo1c

 

Mais la compositrice décide de pousser le concept encore plus à l’extrême. Malheureusement, The Dreaming, qui sort en 1982, sera un flop commercial. Kate Bush a perdu une partie de son audience. Pas un problème selon elle, car ici réside le concept de l’égoïsme artistique. Un artiste n’est pas un « entertainer », il est là pour créer ce qu’il aime, non pas pour plaire à un public. Kate Bush avait en réalité dix ans d’avance : l’album est aujourd’hui considéré par beaucoup comme le meilleur qu’elle n’ait jamais composé.

 

 

Alors que le grand public la voyait déjà échouer, elle se réinvente à nouveau et revient 3 ans après ce qui sera son plus grand succès. Double disque de platine, le concept-album Hounds of Love (1985) est surtout resté dans les mémoires pour son fameux Running Up That Hill, le plus gros tube de sa carrière, mais marquera également par sa deuxième partie déchirante, à la tonalité beaucoup plus sombre.

https://www.youtube.com/watch?v=wp43OdtAAkM

 

The Sensual World (1989) puis The Red Shoes (1993) connaîtront des succès moins flagrants. Mais peu importe. Kate Bush aura laissé sa marque. Une artiste que certains considèrent comme privilégiée, mais qui se réinvente sans arrêt, qui construit ses propres projets de la tête au pied, dans la lignée de David Bowie ou de Peter Gabriel (avec lequel elle a collaboré sur le superbe Don’t give up).

Les critiques l’ont gratifié du surnom « sorcière du son ».

Elle en est plutôt la reine.

Rémi Veynand

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