La techno, cette musique dégueulasse.

La techno, cette musique dégueulasse.

Pour lire cet article, je te demande au préalable de faire un effort. Que ton avis sur ce style musical soit négatif, positif, ou inexistant, il faut d’abord comprendre une chose fondamentale : chacun a sa propre perception d’une situation, d’un moment.

Et si autant de personnes apprécient ce style musical, c’est qu’il y a une raison.

Je vais essayer de te faire comprendre et appréhender mon ressenti lors de ces soirées. Il s’agit de mon ressenti, ma façon d’aimer la techno.
J’insiste sur ce point, cet article ne s’impose pas comme l’unique façon d’apprécier ces soirées, loin de là, puisqu’il en existe une infinité, autant qu’il y a d’individus.

Il s’agit de mon expérience personnelle, accompagnée d’anecdotes et de rebondissements.

NOW OPEN YOUR MIND.

 

 

« No phone, enjoy the moment” pouvons-nous lire sur les énormes enceintes du Kompass Klub en Belgique.

Ces téléphones dont nous sommes accros, et qui nous poussent sans cesse à penser à autre chose. Ces notifications, appels du diable pour que notre esprit divague. Nous sommes constamment amenés à avoir notre attention partout à la fois. À quel prix ?

Si tu as la chance de répondre correctement aux questions posées par les videurs Berlinois, tu auras l’occasion de vivre ce rituel et de te voir coller une pastille sur la caméra de ton téléphone… ce moment est si satisfaisant. Les photos et vidéos sont strictement interdites.

Il s’agit d’un cap. On comprend facilement qu’une fois cette pastille collée, tout est permis. Chacun va pouvoir se révéler, et laisser sa profonde personnalité s’exprimer, sans subir la pression de la société. Nous ne sommes pas jugés, nous ne jugeons pas.

 

La musique t’invite à voyager. Elle te raconte une histoire, ou bien te permet de te la créer, et de pleinement la vivre, notamment à travers ton torse qui vibre au son rauque des basses.

Elle t’offre de la vie, et fait ressortir tes émotions les plus enfouies. Une musique un peu dark qui te rend triste ou te met en colère ? Tape du pied plus fort, laisse toi entraîner par cette vague que tu ressens en toi. Une autre musique qui fait naître en toi des sentiments positifs ? Tu peux simplement laisser un sourire se créer sur ton visage.
Accepte ce que ton corps et ton esprit décident de faire, et vis le moment présent. Sous couvert de la musique, cela t’emmène à une réelle introspection. Comment est-ce que tu te sens, là, maintenant, tout de suite ?

La danse est ton moyen d’expression. Elle n’est pas contrôlée, personne ne te juge, personne ne te regarde. Tout le monde autour de toi est dans ta situation, à sa manière.

 

Dans la société d’aujourd’hui, nous sommes amenés à avoir un flux de pensée constant, illimité, rapide, stressant.
Nous voulons tellement tout contrôler, qu’on en perd les pédales.
Ici, il s’agit de lâcher-prise. Quand on rentre dans un club, c’est pour faire abstraction de tout ce poids.
Les endroits où nous allons sont généralement abrupts. Tagués, au milieu d’usines, pas de chauffage, un froid saisissant, des coins très sombres, de la fumée, une musique qui semble agressive aux premiers abords, un volume sonore trop fort, des gens qui parlent peu.
Bienvenue dans la réalité du club.
Mais tout est question de perception, en acceptant de voir un peu plus loin, il existe un contraste énorme entre le lieu et l’ambiance.
Alors que le cadre semble idéal pour organiser un fightclub ou un viol collectif, il existe peu de lieux dans le monde de la nuit, où les filles sont laissées tranquilles comme c’est le cas dans les clubs techno, et où il n’y a aucune bagarre.

Il est question de respect.

Le contraste entre l’hostilité du lieu et la bienveillance des personnes est saisissant.

 

Le club est aussi un lieu de confidence. On ne fait pas que simplement y danser, ce serait bien trop réducteur.
Les clubs Berlinois comme le Griessmuehle ou le Tresor disposent d’une impressionnante superficie. On apprécie de les comparer à des maps de jeux-vidéo tant de recoins improbables sont découverts au long de la soirée.
On va se poser dans un coin, et il est l’heure de discuter, de notre vision du monde, de nos secrets les plus enfouis. Oubliez les cabinets de psychologue, choisissez les clubs.
Et c’est bien normal d’agir de la sorte, dans un endroit où l’on se sent en confiance.

 

Tout est question de perception, pour certains il s’agit plus de bruits que de musiques. Mais où sont les jolies voix ? Les guitares ? Le piano ? Je vous ai dit que la musique raconte une histoire à travers un ressenti général.
Il existe énormément de styles de techno, certains sont plus rythmés que d’autres, tu devrais trouver ton bonheur.

 

Après plusieurs heures dans ces endroits magiques, les masques commencent à réellement tomber.
Forcément, le début de soirée est plus poussif, le temps que le club se remplisse et que nos repères extérieurs commencent à disparaitre. Une fois que la notion du temps, du lieu, et des normes s’envolent, chacun peut rentrer dans son univers, qu’il s’est façonné.

Ferme les yeux et explore, voyage.

Ouvre les yeux et admire, profite. Profite de la beauté du spectacle en face de toi. Un jeu de néons recherché et psychédélique. Une foule en transe qui vit un beau moment, le moment présent.

On croise le regard d’un ami, d’un inconnu. On sent le regard chargé d’émotion et d’énergie positive, que l’on se transmet les uns aux autres. C’est ça, la bienveillance dont je parlais plus haut. Tu trouveras toujours quelqu’un pour t’ aider si nécessaire.

Le corps s’exprime pour la personne. Les mots ne servent plus.

Une fois le petit matin arrivé, on sort de la boite alors que le jour est déjà levé depuis un moment. On sait déjà que notre journée ne sera pas productive. Mais on s’en fout, car la soirée en valait la peine.

Apaisé, soulagé, épuisé.

 

Article écrit sous l’emprise de la techno.

 

Vincent Geronimi

 

Playlist pour aller plus loin : 

Paul Ritch – Run Baby Run

Slam – Vapour 

Laurent Garnier – Crispy Bacon

Cosmic TRG – In Your Body 

Kevin Saunderson – One Nation

N’to – Croche 

GunRose – Acid Waves 

Purple Velvet – Death of the Warehouse (Original Mix) 

I Hate Models – Day Dream 

Kölsh – Grey

Pan-Pot – Twelve

 

 

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