Pourquoi faut-il écouter de la musique triste?

Soyons bref, pour être heureux.

Du moins, c’est ce que révèle une étude réalisée en 2014 par Liila Taruffi et Stefan Koelsch à l’université libre de Berlin, fin pas exactement. Cette étude sociologique est de la lignée d’une première menée à l’Université de Kent aux Etats Unis par Annemieke J. M. Van den Tol et Jane Edwards sur l’impact psychologique de la musique.

La musique triste agirait en tant que régulatrice de nos émotions au quotidien, grâce aux tempos lents qui la caractérise. Dans cette étude, le sujet ressentirait des émotions comme la nostalgie, l’apaisement, la tendresse, l’élévation voire dans les cas les plus particuliers l’émerveillement. En effet, si la musique triste a bien un avantage, c’est qu’elle laisse place à la réflexion, les instrumentales nous canalisent et nous font prendre du recul tandis que les vocalises, s’il y en a et si l’on y porte attention, peuvent mettre des mots sur nos vagues à l’âme ; elles peuvent sinon renforcer ce tempo que ce soit en le déchirant ou en le confortant. Soyons honnête, si nous nous sommes tous déjà posé des questions existentielles sur Intro de The XX, en est-il de même sur Despacito ?

 

C’est l’impact de la musique triste sur l’errance mentale qui semble être à l’origine de ce phénomène. L’errance mentale est une forme de pensée particulière, il s’agit du moment où nous nous laissons emporter par notre conscience, sans ne plus porter d’attention à l’instant présent, comme si nous nous détachions de la réalité quelques instants. La musique triste permettrait d’accroître l’errance mentale ou du moins de la rendre plus profonde, jusqu’à ce que celle-ci s’efface et ne devienne qu’un fond sonore à nos réflexions intérieures.

De même, les airs tristes pourraient avoir des effets cathartiques. Ici, il n’est plus question de tempos lents ou de certaines caractéristiques propres à la musique triste mais bien uniquement de notre relation avec certaines musiques. Nous parlerons alors d’une relation plus physique qu’intellectuelle avec la musique, évacuer nos peines au lieu de les vivre en vrai au travers de nos sens.

Quoi qu’il en soit, vous serez heureux, car la musique triste est omniprésente. Aucun genre n’y échappe, du classique au rock en passant par le reggae. Il est également à noter que certains sous-genres s’y spécialisent à l’image de l’emo rap, rendu tristement célèbre avec les morts consécutives de Peep et de X. Et si les musiques tristes ne font pas parties de vos playlists personnelles, les tendances actuelles font que la mélancolie devient désormais mainstream, dès lors vous n’y échapperez pas – alors qu’elle fut souvent réservée aux univers plus underground. C’est ce qu’il en ressort d’une étude de l’Université de Californie à Irvine : la mélancolie prend le pas sur les sentiments de bonheur et de légèreté.

 

Il ne faut cependant, pas oublier que la musique triste, les tonalités mineures et les voix douces ou écorchées, peuvent être appréciées d’un point de vue purement esthétique, sans que nous considérions l’aspect psychologique.

 

Alors, écoutez de la musique triste mais n’en abusez pas car l’abus, c’est mal !

 

Quelques titres bonus:

– RO x Konoba – On our knees

– Radiohead – Creep

–  Woodkid – I love you (Brodinski remix)

– Stereoclip – Easyclip

– Post Malone – I fall apart

– Birdy – People help the people

– Lana del rey – Born to die

– Metallica – Nothing else matters

– Chopin – Nocturne

 

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