Hugh Masekela

4 avril 1939, une légende est née. Cette légende, c’est un sud-africain, Hugh Masekela. Décédé il y a tout juste un mois, il a traversé un tel nombre de courants de jazz qu’il était jusqu’en début d’année, avec Sonny Rollins et quelques autres, un des derniers grands du jazz encore vivant. Retour sur la carrière de ce trompettiste atypique de génie.

Son premier album, ‘Trumpet Africaine’, sort en 1963, peu après avoir quitté l’Afrique du Sud pour Londres puis New York ; sa carrière s’accélère alors à partir de 1966, période à laquelle il multiplie les sorties d’albums et les apparitions sur ceux d’autres artistes. C’est à cette époque qu’il devient un protégé du gigantesque Miles Davis mais aussi de Dizzy Gillespie.

Les années 60 marquent une époque de cohabitation entre le jazz et le rock. Il est difficile de se faire connaître quand on fait face à des groupes comme les Rolling Stones ou les Beatles, mais Masekela parvient à détrôner Mick Jagger des classements avec son titre célèbre ’Grazing in the grass’. Un mélange de jazz, de pop, de sonorités typiquement africaines, voici qu’il fait connaître l’Afro-jazz.

Inclassable par la diversité des styles qu’il a mélangés, Hugh Masekela avait un style unique. Le ‘Next Album’ de 1966 est un parfait exemple de son style : regroupant des reprises de chansons connues, il parvient à imposer sa version. Reprenant même des chansons de rock, il allie jazz traditionnel et une pointe d’originalité à chaque fois. A ‘California Dreamin’’ il donne une sonorité espagnole, à la manière d’un Miles Davis sur ‘Sketches of Spain’ quelques années plus tôt. Sur sa version de ‘It’s not unusual’ rendue célèbre par Tom Jones, on reste sur une chanson plutôt jazz, mais on arrive à déceler cette touche de Masekela qu’on retrouvera tout au long de sa carrière.

Son 2ème album enregistré, ‘Grrr’, est incroyable dans l’éclectisme qu’il propose. Une pincée de bossa nova, du jazz qui se rapproche du jazz occidental, néanmoins avec toujours une note personnelle, un soupçon de musique traditionnelle africaine, et une touche joyeuse.

La touche joyeuse et qui le rend en avance sur son temps, qui fait même de lui un précurseur de Fela Kuti et de l’Afrobeat, passe par de la guitare, un rythme effréné, la multitude de cornets utilisés…

En 1968, avec ‘The Promise of a Future’, il se rapproche du jazz traditionnel et même de la soul. Mélange de hard bop, sonorités soul, free jazz, afro-jazz, et même de rock, il montre une nouvelle fois qu’il n’appartient pas à un genre en particulier.

Bref, vous l’aurez compris, Hugh Masekela est un artiste aussi incroyable qu’inclassable. Trompettiste, cornettiste, tromboniste, bugliste, il a aussi chanté sur plusieurs de ses chansons. Si vous cherchiez un artiste étonnant, vous êtes tombé sur un expert en la matière.

Séance de rattrapage par ici – sans mauvais jeu de mots…

 

Valentin Martinsky

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