Rétrospective : David Bowie

L’homme aux mille visages est décédé des suites d’un cancer le lundi 11 janvier 2016. So Nord a décidé de lui rendre hommage et revient sur l’oeuvre d’un artiste qui aura influencé des générations de rock’n roll.

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1967 David Bowie

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Un début timide pour David Bowie qui cherche alors à se faire un nom sur la scène londonienne. Son premier album est pour ainsi dire un « échec » commercial. Influencé par Anthony Newley ou encore The Kinks, ce premier album ressemble beaucoup au niveau stylistique aux suivants et donne le ton à sa phase psychédélique.
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1969 Space Oddity

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Une percée fracassante de la part de David Bowie. Son album s’inspire du Film de Stanley Kubrick « 2001 : A Space Odissey ». On notera ses premiers grands succès comme « Space Odity » ou encore « Cygnet Committe ».
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1970 The Man Who Sold the World

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Elaboré avec Mick Ronson et Mick Woodansey (qui l’accompagneront par la suite sur scène) cet album reste dans la ligné très psychédélique et folle de David Bowie. Moins connu par le grand public, on notera la chanson The Man Who Sold The World qui sera reprise par de nombreux artistes (Kurt Cobain).
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1971 Hunky Dory

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Plus fou et encore plus psychédélique, le quatrième album de Bowie sera, bien qu’il fut très bien accueilli par les critiques, encore un échec. On pourra néanmoins prendre le temps d’écouter « Quicksand » ou Bowie exprime à la fois sa passion pour le bouddhisme et pour …. Freud et Nietzsche (oui oui, tout est possible avec Bowie).
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https://youtu.be/oP2SS8ggLtU
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1972 The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

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C’est fait, l’album emblématique de David Bowie sort en 1972 et sera classé parmi les 100 meilleurs albums de rock (Rolling Stone). Bowie nous raconte ici l’histoire d’un rockeur (Ziggy Stardust) bravant mœurs et interdit sexuel, complètement drogué, qui cherche à apporter amour et paix aux Hommes. Ses excès finiront par l’emmener au bord du gouffre. Miroir de l’artiste, il semblerait que Bowie cherchait du soutien à l’époque et voulait « s’utiliser » pour montrer les vices de la société.
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https://www.youtube.com/watch?v=t6a3Wy1aOPQ
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1973 Aladdin Sane

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L’album concept se focalise ici encore sur son personnage Ziggy Stardust. Il compose la majorité de ses chansons lors de sa tournée aux Etats-Unis. Il narre ainsi son expérience, ses rencontres (Mick Jagger) et la vision qu’il a alors de la société. Il cherche à se détacher de l’image fixe et caricaturale qu’il a des Hommes en expliquant que les caractéristiques de chacun de ses fans et de ses amis sont l’essence même de sa musique.
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1973 Pin ups

C’est le dernier album de Bowie avec son alter ego « Ziggy Stardust » et avec le groupe l’accompagnant : « The Spiders From Mars ». L’artiste reprend ici 12 compositions dont il aurait souhaité être l’auteur.
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1974 Diamond Dogs

Cet album a été réalisé par Bowie pour exprimer les soucis qu’il se fait à propos de l’humanité (ça recommence) dans un ton presque apocalyptique. A travers cet album il s’éloigne par ailleurs de son style musicale initial , très axé sur la guitare.
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1975 Young Americans

Rompant complètement avec son style traditionnel, Bowie s’inspire ici de sa fascination pour la Soul. L’anglais s’intéresse ici encore aux problèmes touchant la société américaine. Notamment le clivage entre la population noire et blanche, ce qui explique pourquoi il s’inspire de la soul et du R’n’B.
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1976 Station to Station

En continuité avec Young Americans, Bowie reprend les thèmes de la Soul et du R’n’B et cherche à les associer avec une musique plus électronique en s’inspirant des groupes électro allemand Neu ! et Kraftwerk. Cet album est un message d’adieu dans lequel il annonce son départ des Etats-Unis pour l’Europe.
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1977 Low

C’est le début de la phase Berlinoise de Bowie. La trilogie d’album qui va sortir par la suite seront sans-doute les plus emblématiques et les plus représentatifs de ce qu’était Bowie. S’ensuit donc un album où l’on sent l’influence de la drogue. Il nommera lui-même Berlin comme la « Capitale Mondiale de l’Héroïne ».
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1977 Heroes

C’est sans-doute le message le plus important que Bowie a souhaité faire passer durant sa carrière : le fait que notre simplicité, ne nous empêche pas d’atteindre de grande chose et qu’au final, notre singularité fait déjà de nous un héros. Dans le deuxième album de sa trilogie berlinoise, Bowie s’inspire à nouveau des maux de la villes qu’il visite pour exprimer sa fascination pour les maux que les hommes sont capables de s’infliger .
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1979 Lodger

Clôturant la trilogie berlinoise, cet album n’a pas été (aussi confus que cela puisse paraître) enregistré à Berlin. Il faut la peine de se pencher plus particulièrement sur cet album. Bowie joue avec la complexité et insère des sons seulement audible après avoir écouté plusieurs fois l’album.
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https://www.youtube.com/watch?v=QgPUxjQOk-w&feature=youtu.be
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1980 : Scary Monsters (and Super Creeps)

Cet album vient clore les années 70 pour Bowie, il se situe entre la trilogie berlinoise dont il conserve une forte influence et dirige son oeuvre vers des albums plus grand public. Il enterre définitivement dans cet album son personnage récurrent, Ziggy Stardust. L’album est extrêmement bien reçu et fait parfaitement la transition entre la période psychédélique et le reste des albums de David Bowie.
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1983 : Let’s Dance

Beaucoup ne connaissent David Bowie que pour son single le plus connu des années 1980, Let’s Dance. L’album Let’s Dance est coproduit par Nile Rodgers de Chic (aussi responsable de la guitare sur Get Lucky de Daft Punk par exemple, et compositeur de Good Times ou Le Freak), en résulte un album extrêmement funky avec un son un peu plus commercial que par le passé, l’album se vend extrêmement bien, à 10 millions d’exemplaires, il s’agit du plus grand succès commercial de Bowie avec des titres comme China Girl ou Let’s Dance. Il entame par la suite une trilogie d’albums plus dansants que le reste de sa discographie.
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1984 : Tonight

Le deuxième album de la « trilogie dance » a un son plus new wave que Let’s Dance. Il est composé en vitesse pour garder son public récemment acquis. Les critiques sont catastrophiques, Bowie évoquera même des regrets quant à cette album en 1989.
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https://www.youtube.com/watch?v=LTYvjrM6djo&feature=youtu.be
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1987 : Don’t Let Me Down

Le troisième album de la « trilogie dance » de David Bowie est dans un esprit très années 80 avec un côté un peu théâtral et des instrumentales très kitsch. L’album est aujourd’hui renié par son auteur, les ventes ont été catastrophiques, les critiques aussi, mais il peut être intéressant d’écouter cet album pour constater l’évolution musicale de Bowie.
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1989-1992 : Tin Machine I et II

Entre 1989 et 1992, David Bowie, suite aux mauvaises ventes de Don’t Let Me Down, forme un groupe de hard rock FM nommé Tin Machine avec Reeves Gabriel, Tony Sales, Hunt Sales et Eric Schermerhorn. Le fonctionnement de ce groupe est très différent de celui qu’avait Bowie avec les groupes qu’il côtoie sur ses albums solo, et le groupe fonctionne de façon démocratique. Le premier album a son lot de succès, à l’image de Crack City, et est plutôt bien reçu par la critique, mais le deuxième album est bien moins riche que le premier et reçoit de très mauvaises critiques qui, additionnées à la volonté de Bowie de revenir à une carrière solo, contribueront à la séparation de Tin Machine en 1992.
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1993 : Black Tie White Noise

Après Tin Machine, Bowie reprend contact avec Nile Rodgers avec qui il avait collaboré pour l’album Let’s Dance de 1983. En résulte un album au son funk (Nile Rodgers oblige) et pop sans pour autant reprendre la formule de Let’s Dance et en ayant résolument un son des années 90. Cet album représente le retour de Bowie dans les charts après une période creuse de plusieurs années.
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1995 : Outside

Outside (ou 1.Outside) est un des projets les plus fous de David Bowie. Il s’agit d’un concept album racontant l’histoire d’un policier enquêtant sur « l’art-crime », une nouvelle forme d’art imaginaire se basant sur le meurtre. L’album était censé avoir deux suites intitulées, selon la rumeur, 2.Contamination et 3.Afrikaan, qui n’ont jamais vu le jour. Musicalement, l’album est inspiré des 70s et comporte des éléments de punk, de jazz et de folk. Il est entrecoupé de monologues narratifs, ce qui fait que l’album a eu un succès mitigé auprès du public et des critiques.
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1997 : Earthling

Composé et enregistré en moins de 3 semaines, cet album fait partie des plus originaux et expérimentaux de David Bowie. Il sort dans un contexte où le big beat de The Chemical Brothers, The Prodigy ou Fatboy Slim est roi, et est grandement inspiré du mouvement drum N’ bass, tout en restant résolument rock et agressif. Bref, Bowie expérimente et s’éclate. L’album n’est pas extrêmement bien reçu commercialement mais les critiques sont globalement très bonnes et Earthling est considéré comme un des meilleurs albums de Bowie depuis les années 1980.
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1999 : Hours…

David Bowie signe en 1999 un album dont les critiques sont mitigées, certains voient en cet album un essai de musique originale mais l’album est souvent considéré comme trop mou, il échoue au niveau des ventes et n’entre même pas dans les 40 meilleures ventes à sa sortie. Globalement, cet album est donc boudé car considéré comme trop banal.
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2002 : Heathen

Heathen sort dans le contexte du 11 septembre 2001, David Bowie constate ici la dégradation de l’humanité qu’il observe depuis longtemps, et alors qu’aucun des morceaux n’ont été écrits après le 11 septembre, le public relie les deux malgré tout et voit en celui-ci l’expression de son sentiment face à ces événements. Il s’agit ici d’un album acclamé par la critique et par le public, qui estiment qu’il s’agit de son meilleur album depuis Let’s Dance.
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2003 : Reality

L’album Reality est composé de morceaux de rock plutôt classique. Cet album est joué en live durant le Reality Tour qui est la dernière tournée de la carrière de David Bowie, du 7 octobre 2003 au 25 juin 2004, qui passa même par le Zénith de Lille. Celle-ci sera stoppée par des soucis de santé de Bowie alors qu’il restait quelques dates à jouer dont certaines en France.
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2013 : The Next Day

Après une pause de 10 ans, David Bowie revient avec un nouvel album enregistré entre 2010 et 2012 dans le plus grand secret. Il s’agit d’un grand album de rock avec des titres accrocheurs. La couverture représente selon son auteur l’effacement du passé pour aller vers l’avenir. L’album est à l’image de celle-ci, on voit des expérimentations aux côtés de morceaux rock plus classiques. Bowie est de retour en grande pompe avec un album qui revient à son côté innovateur.
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2016 : Blackstar

David Bowie s’éteint le 10 janvier 2016, 2 jours seulement après la sortie de son ultime album, Blackstar, où l’ombre de son cancer s’étend jusque dans les paroles des morceaux, sombres et expérimentaux, ici, Bowie s’intéresse à la mort, qui semble sombre et où l’on entre dans l’inconnu, dans ce qui n’a jamais été vu avant. L’album est donc à l’image de son sujet et est un magnifique cadeau d’adieux à ses fans après 18 mois à combattre le cancer. Cet album est son premier album à atteindre la première place des charts aux Etats Unis le 17 janvier 2016 et est unanimement considéré comme un de ses meilleurs albums.
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